INFORMATIONS  PRATIQUES

PROGRAMME

Samedi 25 février à 20h17

Dimanche 26 février à 11h

Tarif concert : 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans

Règlement sur place (chèque ou espèces uniquement)

Réservation indispensable

par mail de préférence : resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41

 

Concert du soir  à 20h17

Ouverture de La Courroie à 19h

Petite restauration sur place

avant et après le concert

Boissons 1€ • Soupe  3€ • Desserts 2€

 

Concert du matin à 11h

Ouverture de La Courroie à 10h

Petit déjeuner à 10h réservation indispensable

Tarif 6€ pour tous : Thé, café, chocolat chaud, pain frais, brioches et confitures maison ...

 

Placement libre

Wunderkammer

Le Cabinet de curiosités d'Agamemnon

Ensemble Agamemnon

Anaëlle Blanc-Verdin • Violon

François Cardey  • Cornet

Arnaud Bretecher • Sacqueboute

Lucile Tessier • Basson

Mathieu Valfré • Orgue et clavecin

 

Marco Antonio Ferro – Sonate à 4 n°12

Johann Heinrich Schmelzer – Sonata a due

Antonio Bertali – Sonata à 4 viole

Marco Antonio Ferro – Sonate à 3 n°6

Heinrich Ignaz Franz von Biber – Balletti Lamentabili

 

Johann Joseph Fux – Sonate a 4

Johann Heinrich Schmelzer – Sonate à 4

Johann Joseph Fux – Sonata a tre

Johann Kaspar Kerll – Tutta di salti

Marco Antonio Ferro – Sonate à 4 n°7

Bartolomeo Selma y Salaverde – Sonata a 4

Curiosus, cupidus, studiosus : l'attention, le désir, la passion du savoir.

 

Cette définition de Curiosité dans le dictionnaire de Trévoux (1771) révèle les différentes motivations qui se cachent derrière la figure du collectionneur. Car dès la période hellénistique, les trésors artistiques étaient fort prisés. Les vainqueurs exhibent alors les butins prestigieux arrachés aux vaincus sous les portiques de la ville. A la Rome antique, Cicéron dénonce déjà l'avidité collectionneuse de Verrès, un prêteur de Sicile : « atteint d'une espèce de boulimie de beauté, il s'intéressait aux terres cuites, aux médailles, aux tapisseries, aux pierres taillées [...]. Capable d'acheter tout ce qu'il désirait, il dérobait tout ce qu'il ne pouvait acheter. »

 

L'idée même de collection encyclopédique est théorisée pour la première fois par Samuel Quiccheberg en 1565 à Munich. L’Histoire naturelle de Pline l'Ancien et la volonté de mémoire justifient pour l'auteur cette organisation rationnelle des savoirs artistiques et scientifiques. Les princes régnants de l'Empire adhèrent tous à cet engouement pour asseoir leur réputation et prouver leurs connections à la res exoticae. La Wunderkammer du château de Ambras fait au cours du XVIème siècle la renommée de Ferdinand II de Tyrol. Les nains, géants et autres résidants de la "ménagerie" constituent l'attraction principale des visites organisées du château, auxquelles Michel de Montaigne et Christine de Suède participèrent. Cette collection d’œuvres d'art et de curiosités était si renommée qu'elle fut transférée à Vienne par Léopold Ier dans la deuxième moitié du XVIIème siècle.

 

Dans le même esprit mêlant découverte d'étrangetés et démarche scientifique, l'ensemble Agamemnon vous invite dans son cabinet de merveilles musicales : les sonates se substituent aux peintures, le cornet à une corne de licorne, un clavecin se dévoile derrière des animaux naturalisés, un balletti lamentabili  fait danser les roses de Jéricho alors que les cristaux de roche entrent en vibration au son du violon. Le même métal a permis la sphère armillaire et la sacqueboute, un coquillage d'argonaute attire étrangement le basson pendant que les allégories mythiques d'un prince ancien scrute ces musiciens pris de folie.....

Les oeuvres choisies constituent un panel de sonates et canzone composées par des musiciens ayant résidé à Vienne au XVIIème siècle. Les Italiens y sont alors pléthore, leur style influence considérablement la cour de l'Empereur Léopold Ier, alors qu'une identité propre commence à émerger dans les compositions de Johann Heinrich Schmelzer ou Heinrich Ignaz Franz von Biber.

 

Les compositeurs de l'époque étant aussi de grands théoriciens, et les écrits traitant des styles sont pléthores. Christoph Bernhard oppose le contrapunctus luxurians ou stylus modernus  au contrapunctus gravis ou stylus antiquus. Dans son Tractatus compositionis augmentatus il affectionne particulièrement les Figurenlehre et Affektenlehre, figures rhétoriques qui allient éléments caractéristiques stylistiques de l'époque et indications d'interprétations. Athanasius Kircher, quant à lui, introduit et théorise le stylus phantasticus, proprement instrumental, qui permet aux musiciens de s'exprimer le plus librement possible, à travers la composition comme l'interprétation.

Les formes des sonates qui forment cette Wunderkammer sont donc aussi diverses qu’il y a de compositeurs à l’époque. Les courts adagios succèdent à de joyeux allegros, des enchaînements harmoniques audacieux caractérisent le style de Marco Antonio Ferro quand Johann Heinrich Schmelzer privilégie une écriture très violonistique. Le cornet se substitue allègrement au violon, comme le trombone à la viola da braccio et le basson au violone.

Tous ces éléments historiques permettent alors des libertés sonores fantastiques pour servir une musique sur plateau d'argent à un public curieux de merveilles auditives.