PROGRAMME

INFORMATIONS  PRATIQUES

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Mardi 23 et mercredi 24 mai 2017 à 20h17

Tarif unique 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans

Règlement sur place

Chèque ou espèces uniquement

 

Réservation indispensable

par mail de préférence : resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41

 

Placement libre

Concert sans entracte, durée 1h environ

 

Soupe, desserts et boissons vous sont proposés

à partir de 19h15 et à l’issue du concert

Boissons : 1€

Soupe : 3€

Desserts : 2€

 

 

Bercé dès son plus jeune âge au son du bambou, Rishab Prasanna fait désormais résonner ses émotions à travers sa flûte bansuri. Instrument emblématique de la divinité Krishna, la flûte au son velouté et enchanteur est devenue un des instrument roi de la musique classique de l'Inde du Nord. À ses côtés, le jeune soliste Nicolas Delaigue fera entendre le sitar, ce grand luth indien popularisé en Occident par Ravi Shankar. Ils exposeront tous deux l'univers du raga dans le format d'un récital traditionnel de musique hindoustanie (ou classique de l'Inde du nord) accompagnés par Nabankur Battacharya aux tablas.

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Le souffle du bambou

Musique Hindoustanie d'Inde du Nord

 

 

Rishab Prasanna • flûte bansuri

Nicolas Delaigue • sitar

Nabankur Battacharya • tabla

RISHAB PRASANNA appartient à une famille de musiciens originaires de Bénarès, dans la vallée du Gange (Inde du Nord), traditionnellement joueurs de hautbois (appelé shahnai en Inde) et de flûte bansuri dont ils perpétuent la transmission et l'apprentissage de père en fils depuis plusieurs générations.

Petit-fils du maître de hautbois Raghunath Prasanna (enregistré par Alain Daniélou et publié dans sa fameuse « anthologie de la musique indienne »), Rishab a débuté son apprentissage avec ses oncles (Ravi Shankar Prasanna et Rakesh Prasanna) qui l’ont formé à la technique de la flûte et l’art du développement d’un raga ; puis c’est auprès de son père qu’il a poursuivi son éducation musicale, le grand maître Rajendra Prasanna, qui l’a initié aux subtilités du répertoire de Bénarès (Banaras Gharana).

Depuis l’âge de 17 ans Rishab joue en duo avec son frère Rajesh Prasanna (connus sous le nom de « Prasanna Brothers »), accompagne son père sur les plus grandes scènes (Womad Festival 2011 – Australie, Les routes de l’Inde 2011 – Suisse, Darbar Festival 2012 – Royaume-Unis, Festival de l’imaginaire 2016 – Maison des Cultures du Monde) et se produit en solo en Inde, en Europe et dans le monde arabe, reconnu dans sa famille et par les connaisseurs pour sa sensibilité musicale, la finesse de son jeu à la flûte et son sens de l’improvisation.

Apprécié également pour sa pédagogie il organise régulièrement des ateliers de pratique en France et enseigne à des musiciens de formations variées tout en développant de nombreuses collaborations avec des musiciens d’horizons différents (notamment avec le joueur de oud franco-palestinien Issa Murad et son groupe Joussour, le collectif expérimental parisien Drifting Orchestra, le trio niçois One Million Faces, le projet « EAST » avec le guitariste suédois Mattias Pérez).

En juin dernier il a été appelé à rejoindre la création 99 du poète et rappeur libanais Marc Nammour en résidence à l’Abbaye de Royaumont (première le 22 juillet au festival In d’Avignon) en tournée dans toute la France en 2017-2018.

Son charisme lui a valu d’être choisi pour incarner un personnage du prochain film des réalisateurs français Eric Toledano et Olivier Nakache (Intouchables, Samba) auprès de Jean-Pierre Bacri pour lesquels il travaille à la bande son en collaboration avec le jazzman israélien Avishai Cohen.

En octobre 2016 il a été nommé « Ambassadeur de la ville de Toulouse » par le Maire de la ville, aux côtés de personnalités françaises pour représenter Toulouse dans le monde.

www.rishabprasanna.webs.com

NICOLAS DELAIGUE

Nicolas Delaigue est concertiste et enseignant, spécialiste du sitar et de la musique de l’Inde du Nord (Hindoustanie).  De par sa pratique, son activité, et son parcours à cheval entre deux cultures - la France et l'Inde - il est aujourd’hui une référence en France et en Europe dans l’interprétation, l’enseignement du sitar et de la musique Hindustani. Installé à Lyon (France) depuis 2011, il a une activité de concertiste international - Europe, Inde, Afrique du nord... - et s’est produit depuis une quinzaine d’années dans des lieux prestigieux tels que le Musée d’Orsay (Paris), la Maison de l’Inde (Paris), le Festival de Seibtla (Tunisie), Le Casino de Monaco-Monte-Carlo (Monaco), mais aussi au Satellit' Café (Villerest), le Festival Planète Musique (Nanterre), les Jeudis des Musiques du Monde (Lyon), le Festival de Musique de Richelieu,  le Festival La Pamparina (Thiers), l'Abbaye de Sylvanès,  ou encore en Inde dans des récitals publics et privés notamment à Nashik et Kolkata... et de très nombreux festivals et salles de spectacles en France.  Nicolas a été formé à la musique classique Hindoustanie de façon traditionnelle (guru-shishya parampara) pendant de nombreuses années par différents  maîtres du sitar (Patrick Moutal, Indrajit Banerjee, Ustad Shahid Parvez,  Sugato Nag) et a su réaliser une synthèse stylistique de l’enseignement  reçu. Il a collaboré avec le célèbre flûtiste Ronu Majumdar et Indrajit Banerjee et pour la musique de "La Danse du Démon" (conte musical paru aux éditions Gallimard en 2010).  Il a  créé le Duo Sanchari avec Cenk Altiner en 2007 avec qui il a enregistré un disque en 2008. Il est membre de l'Ensemble Milana depuis 2007. Nicolas a exploré aussi en soliste ou en ensemble des univers variés: accompagnement  de Ghazals afghans, de la danse traditionnelle indienne Kathak, du Rabindra-Sangit, musiques afghanes, flamenco, musiques électroniques, rock, musique médiévale européenne. Nicolas a également travaillé en collaboration avec le milieu de la cinématographie et des vidéastes, et a été soliste accompagnateur régulier de films muets à l’auditorium du Musée d’Orsay-Paris. Sa musique accompagne le film Cast a Bhuta Bronze Mask (J.C Plattner -Museum Rietberg-Suisse- 2010).

www.nicolasdelaigue.com

NABANKUR BATTACHARYA est né en Inde à Bankura, disciple du célèbre maître Pandit Anindo Chatterjee et neveu de Pandit Damarupani Bhattacharya. A quinze ans, il obtient le diplôme Sangeet Visharad de l’Université d’Allahabad. À vingt-quatre ans, il décroche la bourse du Ministère de la Culture Indienne. Nabankur Bhattacharya a joué sur de nombreuses scènes en Inde et a accompagné des musiciens, chanteurs et danseurs de renom, comme Pandit A.T.Kanan, Bidushi Lakshmi Shankar, Bidushi Prabha Atre, Pandit Bhimsen Joshi, Pandit Ulhas Koshalkar, Mita Pandit, Ustad Kamal Sabri…Bien que ses racines musicales restent incontestablement hindoustanies, Nabankur Bhattacharya s’adapte avec une aisance naturelle à tout autre style. Depuis 2000, il se produit en Europe, sur le continent africain et à La Réunion. Il réside à Marseille où il enseigne les tablas et contribue activement à la vie artistique régionale en donnant des concerts de musique indienne et en participant à plusieurs créations musicales avec des musiciens européens.

Concert de musique hindoustanie

La musique

La musique hindoustanie, dite aussi ‘musique classique de l’Inde du Nord’ a, comme la musique classique occidentale, une histoire qui se déploie sur plusieurs siècles, une littérature musicologique dense, des débats théoriques liés à l’interprétation, des traités d’esthétique, des écoles stylistiques, des répertoires variés, des genres musicaux. Elle se pratique aujourd’hui en Inde et dans le monde dans les salles de spectacles et les grands festivals consacrés aux musiques dites « du monde », popularisée en Occident par le maître de sitar Ravi Shankar qui en a favorisé la diffusion à travers ses collaborations notamment avec John Coltrane, Georges Harrison ou encore Jean-Pierre Rampal. C’est une musique de soliste, avec accompagnateurs, qui appartient à l’univers mélodique de la modalité et qui se fonde sur un bourdon, joué par un instrument appelé tanpura, instrument emblématique de la musique indienne, qui établit la ‘tonique’, référence commune des musiciens. C’est à partir de ce bourdon que peut se déployer le raga (structure mélodique), qui, avec le tala (la structure rythmique), sont les concepts de base de la musique indienne. Le terme raga (du  sanskrit « couleur ») désigne un concept caractéristique de cette musique qui reste difficile à définir en quelques mots ; certains musiciens comparent les raga à des personnages composés d’un certain nombre d’éléments constitutifs (échelles mélodiques descendantes et descendantes, phrases caractéristiques, rapports d’intervalles, combinaisons de notes), organisés selon une hiérarchie et des proportions qui en font toute la subtilité et auxquels est associé un caractère particulier (ethos); selon une définition courante, le raga est « ce qui colore d’émotion l’esprit ». Le but ultime d’un musicien lors d’un concert est de faire émerger l’essence, la « saveur » (rasa) du raga qu’il aura choisi d’interpréter, à la manière d’un peintre qui ferait peu à peu découvrir le visage de son modèle: au fil du développement du raga les traits se dessinent, les contours se précisent et la personnalité s’affirme. Tout l’art du musicien sera de faire partager son immersion dans le caractère du raga tout en exposant ses qualités d’interprète et d’invention à travers l’ornementation, le jeu des nuances et des accentuations, les effets de surprise, les combinaisons rythmiques ou mélodiques sans jamais ‘sortir’ du raga.  L’acquisition de ce savoir-faire demande un apprentissage extrêmement rigoureux qui s’appuie traditionnellement sur l’enseignement  de maître à disciple par imprégnation et imitation qui nécessite un engagement de très longue durée auprès d’un maître et qui reste encore le seul modèle légitime reconnu aujourd’hui en Inde.

 

Les instruments

 

LA BANSURI, flûte traversière en bambou  (du sanskrit bans ‘bambou’ et sur ‘note’), est un instrument très populaire en Inde et représente un symbole important dans les imaginaires de l’Inde car elle est indissociable de la divinité Krishna du panthéon hindou, un dieu joueur de flûte qui envoûte la nature, les animaux et les humains au son velouté de sa flûte. Connue sous différents noms et morphologies selon les régions et les contextes historiques, tantôt instrument raffiné de cour, tantôt instrument festif de plein air, la flûte connaît aujourd’hui une place grandissante sur la scène classique en Inde. Pour interpréter les raga les musiciens ont choisi une flûte relativement longue (environ 80cm) qui permet de développer un son profond et d’aborder le registre grave propre à certains raga dits ‘sérieux’. Une des principales difficultés liées à cet instrument est le placement des doigts car le diamètre et la distance des trous nécessitent une grande souplesse des articulations pour réussir des écartements subtils afin de reproduire les hauteurs précises propres à chaque raga. Le grand maître qui popularisé cet instrument dans la monde, Hariprasad Chaurasia, se produit encore sur scène, notamment en France. Il a débuté son apprentissage avec le grand oncle paternel de Rishab Prasanna, Bholanath Prasanna.

 

LE SITAR

Le sitar est un luth à cordes pincées à long manche fretté composé d’une caisse de résonnance taillée dans une courge ; il est muni de cordes mélodiques et de cordes sympathiques. Cet instrument s’est développé au cours du 18e siècle en Inde du Nord, devenu aujourd’hui un des instruments maîtres de la musique hindoustanie avec le sarod. C’est en partie grâce aux Beatles, plus précisément grâce à Georges Harrison qui apprit à jouer avec Ravi Shankar, que le monde a découvert la sonorité bien particulière du sitar. D’autres grands sitaristes ont marqué le 20esiècle tels que Vilayat Khan [1928-2004] et Nikhil Banerjee [1931-1986].

 

Les instruments accompagnateurs

 

TABLA

Cet instrument qui a gagné en popularité en l’espace de quelques décennies et a intégré de nombreuses formations jazz, rock ou électronique, est indispensable à tout récital de musique hindoustanie.

Les tablas sont constitués de deux tambours à peaux (chèvre) recouvertes d’une pastille qui permet une variation du timbre caractéristique de ces percussions. Les lanières de cuir qui entourent l’instrument permettent de contrôler la tension de la peau afin d’accorder l’instrument de manière très fine.

Le tambour aigu, généralement joué à la main droite, le tabla, est un fût en bois, alors que le tambour plus grave, appelé baya peut être en bois, métal, terre cuite, selon les recherches esthétiques des musiciens.

Zakir Hussein, « le roi des tabla » est celui qui en a popularisé la pratique en dehors de l’Inde, mettant au premier plan cet instrument initialement simple accompagnateur des instruments mélodiques et du chant.

 

TANPURA

Le tanpura est un luth à quatre cordes accordées sur la tonique et la quinte du raga (mais l’accordage diffère selon les échelles jouées) ;  un fil de soie est ajouté sous chaque corde au niveau du chevalet pour faire friser la corde et accroître l’émission d’harmoniques ; les musiciens utilisent presque systématiquement un substitut électronique ou numérique de cet instrument, pour asseoir et renforcer ce tapis harmonique. C’est un instrument à la fois indispensable par sa fonction de bourdon et secondaire dans l’action musicale.

 

 

Déroulement traditionnel d’un concert de musique hindoustanie

 

Lors d’un récital, le soliste (instrumentiste ou chanteur) va développer un grand raga principal dit ‘sérieux’ (il existe une hiérarchie entre les raga et une classification entre les raga ‘sérieux’ et ‘légers’) qu’il choisira en fonction de l’heure du concert (à chaque moment de la journée correspondent des catégories de raga), du public (un raga particulièrement complexe pour un auditoire de fins connaisseurs), du calendrier (certains raga sont associés à une saison particulière), de l’occasion (fête religieuse, hommage à un maître, concert pédagogique) et de son humeur (certains raga sont associés à un caractère particulier : ‘romantique’, ‘profond’, ‘léger’, etc.).

 

La structure de développement du raga dépend du genre ou du style dans lequel il est interprété, mais dans l’ensemble les ingrédients de base restent toujours les mêmes quel que soit le style, ce sont surtout les proportions qui changent :

(1) un prélude (alap), sans accompagnement de la percussion, pendant lequel le musicien révèle l’identité du raga en développant progressivement son discours du registre grave vers l’aigu en respectant les règles mélodiques de celui-ci;

(2) introduction d’un premier thème sur un cycle rythmique de tempo lent (selon les styles ce thème peut être issu du répertoire vocal, fondé sur des poèmes) ; après avoir joué le thème plusieurs fois, le soliste va développer son discours en improvisant dans les règles du raga suivant plusieurs processus mélodiques et rythmiques propres à son style ;

(3) introduction d’un deuxième thème qui souvent s’accompagne d’une accélération du tempo ; improvisation autour du deuxième thème et accélération jusqu’à ‘saturation’, moment auquel le soliste va jouer une formule mélodico-rythmique type répétée trois fois,  signal de conclusion pour le percussionniste.

Le discours musical est parfois ponctué par des solos de tabla quand le soliste décide de lui donner la parole.

 

[texte: Jeanne Miramon-Bonhoure]