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Asian Fields Variations

Louis Sclavis • clarinette

Dominique Pifarély • violon

Vincent Courtois • violoncelle

Jeudi 10 mai 2018 à 20h18

Ces trois-là se sont rassemblés pour un nouveau trio, mais leurs relations sont tissées d'anciennes connivences avec le clarinettiste : depuis 1987 pour Dominique Pifarély, et depuis 1999 pour Vincent Courtois. Et ils s'étaient déjà rassemblés en 2000 pour l'album «Dans la nuit», musique qui avait accompagné des projections très beau film éponyme, et muet (1929), de Charles Vanel. J'avais eu la chance d'assister à la première reprise parisienne, en septembre 2016, à l'Atelier du Plateau, de ce programme inauguré six mois plus tôt au festival A Vaulx Jazz. L'univers est celui d'une espèce de jazz de chambre : chambriste par l'instrumentation, par l'esprit, par le savant dosage des dynamiques, par la science musicale qui se déploie sans la moindre ostentation ; et jazz par le goût des syncopes, par l'énergie fantasque des musiques improvisées, par l'absolue liberté toujours remise en jeu. Les thèmes sont signés par chacun des trois membres, à quoi s'ajoute une plage improvisée collectivement. La musique puise à toutes les sources : le lyrisme d'Alban Berg, les rythmes de Bartók ou Stravinski, les répétitifs de tous bords, les constructions savantes du contrepoint, l'horizon lointain des musiques du monde.... C'est une plongée dans un ailleurs de tous les instants, et cette plongée est fascinante. Expérience à tenter d'urgence pour ceux qui n'y ont pas encore goûté : plongée en eaux (très) profondes !

Xavier Prévost

INFOS PRATIQUES

 

Tarif unique 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans

Règlement sur place (Attention, pas de CB !)

 

Réservation indispensable

par mail de préférence : resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41

 

Placement libre

Concert sans entracte, durée 1h15 environ

 

Soupe, desserts et boissons vous sont proposés

à partir de 19h15 et à l’issue du concert

Boissons : 1€

Soupe : 3€

Desserts : 2€

Louis Sclavis

Dominique Pifarély

Vincent Courtois

Louis sclavis • clarinette

Louis Sclavis est né en 1953 à Lyon.

Il commence l’étude de la clarinette à l’âge de 10 ans dans l’harmonie musicale de son quartier et après quelques années poursuit celle-ci au Conservatoire de Lyon.

Au début des  années 1970, il joue avec des troupes de théatre et danse qui s’inscrivent dans la mouvance du Living Theatre, du Bread and Puppet et est musicalement inspiré par des groupes tels que Soft Machine, Sun Ra ou l’Art Ensemble of Chicago

Il commence sa carrière professionnelle en 1975 au sein du Workshop de Lyon, lequel collabore avec la chanteuse Colette Magny.

En 1977 il participe à la création de l’Arfi, joue et enregistre avec le Marvelous band, la  Marmite Infernale, etc.

Au début des années 1980, il intègre le quartet d’Henri Texier, la Compagnie Lubat, le Brotherhood of Breath de Chris Mac Gregor, joue avec Michel Portal en duo et avec des musiciens européens comme Tony Oxley, Evan Parker, Peter Brotzman, Enrico Rava, Tomasz Stanko…

En 1984 il forme ses premiers groupes, quartet, trio, sextet avec lesquels il enregistre pour différents labels (Enja, label Bleu, Fmp et notamment Ecm). Parallèlement il compose pour le cinéma (Amos Gitai, Bertrand Tavernier, Jean Louis Comolli) la danse (Mathilde Monnier), le théatre, travaille avec Jacques Bonnaffé, Ernest Pignon Ernest, Guy le Querrec.

Il a obtenu le prix Django Reinhardt, le Grand prix National de la Musique, le Grand prix de la Sacem..

Dominique Pifarély, violoniste, improvisateur, compositeur, reçoit son premier violon à l'âge de 6 ans. Dans son enfance s'associent l'influence de la musique apprise "d'oreille", aux côtés de son père, et l'enseignement classique, dans sa transmission la plus vivante ; l'adolescence ajoutera l'ouverture au rock, aux musiques traditionnelles et au jazz, et le goût de l'improvisation qui irrigue et unifie ces pratiques nouvelles.

Dès ses débuts, cette ouverture fera de lui un soliste très sollicité par la scène française (Eddy Louiss, François Jeanneau, Patrice Caratini, Denis Badault, ...) et européenne (Mike Westbrook, Matthias Rüegg et le Vienna Art Orchestra, Joachim Kühn, ...).

De 1979 à 1990, il se produit en trio aux côtés de Didier Levallet et Gérard Marais. Ses deux premiers quartettes seront illustrés par deux disques, Insula Dulcamara (1988) et Oblique (1992). Dans un compagnonnage régulier avec Louis Sclavis dès 1985, il fonde le Sclavis-Pifarély Acoustic Quartet (avec Bruno Chevillon et Marc Ducret), qui se produira jusqu'en 1997 dans les principaux festivals de jazz européens, ainsi qu'au Canada et au Japon (Acoustic Quartet, ECM, 1993). Puis il entame en 1996 un dialogue avec François Couturier, concrétisé par l'enregistrement de Poros (ECM, 1997), où la musique échappe à toute catégorie, mariant écriture et improvisation.

Parallèlement aux rencontres qui continuent de jalonner son parcours, Dominique Pifarély crée en 2000 sa propre compagnie, Archipels-Cie Dominique Pifarély, qui portera désormais son travail de leader et de compositeur. L'ensemble Dédales réunit 9 musiciens-improvisateurs. Impromptu prolonge le travail commencé avec François Couturier en compagnie du haute-contre Dominique Visse, et marque son attachement à la poésie et la littérature. Il travaille ainsi à des lectures/performances en compagnie de l'écrivain François Bon et des comédiens Violaine Schwartz et Pierre Baux. Il forme en 2007 un trio avec Julien Padovani aux claviers et Eric Groleau à la batterie. En 2010, c'est "Formes d'une guerre" qui voit le jour, spectacle musique/texte/photographie autour du numérique, en compagnie de François Bon, Michele Rabbia et Philippe De Jonckheere. Son travail d'improvisateur est également mis en valeur dans le récital solo, qu'il pratique régulièrement.

A partir de 2013, il pratique avec Vincent Courtois ou Michele Rabbia l'art du duo, fonde un nouveau quartette composé d'Antonin Rayon (piano), Bruno Chevillon

(contrebasse) et François Merville (batterie), et continue à se consacrer à l'ensemble Dédales (parution du CD "Time Geography").

Régulièrement présent sur les scènes européennes, il se produit également aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, en Amérique latine, en Inde, au Moyen-Orient ou en Afrique.

Ayant à coeur de transmettre ces pratiques plurielles, il mènera de 1999 à 2012 une activité de formateur au sein du C.F.M.I. de Poitiers, et anime régulièrement stages et master classes.

A six ans il commence le violoncelle classique dans la classe d'Erwan Fauré au conservatoire d'Aubervilliers où il obtiendra un premier prix de violoncelle et de musique de chambre. Il étudie par la suite avec Roland Pidoux et Frédéric Lodéon et obtient en 1987 le diplôme supérieur d'exécution de l'Ecole Normale de Paris.

Parallèlement à ses études classiques, Vincent Courtois découvre le jazz et l'improvisation avec Jean-Charles Capon et Dominique Pifarély. En 1988, il joue ses premiers concerts au sein de l'Octet de Christian Escoudé puis rejoint le Swing String System de Didier Levallet. C'est à cette époque qu'il forme son premier quartet avec lequel il enregistre deux disques "Cello News" et "Pleine Lune". De nombreux musiciens font alors appel à lui, notamment Martial Solal qui l'invite à jouer en duo.

En 1993 il fonde le Pendulum Quartet avec, entre autres, Julien Lourau, le groupe Tukish Blend et le trio Zebra 3 avec Franck Tortiller et Xavier Desandre. Un an plus tard il enregistre l'album Marvellous avec Michel Petrucciani, Tony Williams et Dave Holland et rejoint le "Quartet Opera" de Gérard Marais. Il commence également à travailler avec les Rita Mitsouko et les accompagne sur la tournée Acoustique.

En 1995, Vincent Courtois donne ses premiers concerts solo, joue dans le septet de François Corneloup et rencontre Louis Sclavis pour travailler sur des musiques de film et de théâtre. Il rejoint l'ONJ de Didier Levallet et le quintet de Rabih Abou-Khalil avec qui il enregistre deux disques "Yara" et "Cactus of Knowledge".

En 1998 il joue dans l'ensemble de Pierre Favre et dans le trio d'Yves Robert. En 2000, il crée trois trios et un quintet avec Pierre Favre, Noël Akchoté, Lucilla Galeazzi, Michel Godard, Marc Ducret, Dominique Pifarély, Cyril Atef, John Greaves et Nicolas Mizrachi. Il sort le disque Translucide et l'année suivante The Fitting Room avec Marc Ducret et Dominique Pifarély.

En 2002, il participe au Quartet Napoli's Walls de Louis Sclavis et crée au Festival Banlieues Bleues le Trio Six windows avec Ellery Eskelin et Sylvie Courvoisier.

En 2003, il enregistre "Trouble with happiness" avec John Greaves et Sophia Domancich.

En 2004, il rencontre le slameur Ze Jam et enregistre "Les Contes de Rose Manivelle" avec, entre autres, Louis Sclavis et crée "What do you mean by silence?" avec François Merville, Marc Baron et la chanteuse Jeanne Added.

En 2006, il enregistre le premier album du quartet "What do you mean by silence?" rejoint par Yves Robert.

En 2008, il enregistre "L'homme avion" avec Ze Jam.

En 2010, il fonde la formation "WAT" avec Maxime Delpierre, Matthieu Jérome, Olivier Lété et David Aknin et enregistre son premier album solo "L'imprévu". Il est nommé chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres1.

En 2011, il enregistre le second album du quartet "What do you mean by silence?", crée un nouveau Trio "The Mediums" avec le saxophoniste allemand Daniel Erdmann et Robin Fincker, et pour mener à bien ses différents projets il fonde sa compagnie "La Compagnie de l'Imprévu".

En 2012, il créé le troisième et dernier volet de la Trilogie des Mécaniques Frivoles, "Le Roi Pêcheur" avec Ze Jam Afane. Il collabore avec le metteur en scène Bruno Geslin, Compagnie La Grande Mêlée et participe à la pièce "Un homme qui dort" d'après le texte de Georges Perec.

En, 2013, à la suite d'une résidence de création à la Friche Belle de Mai à Marseille avec Christian Caujolle et le photographe Michael Ackerman, le projet "L'intuition" est créé, véritable exploration de l'intime dans sa rencontre avec la photographie . Il est également en résidence artistique au Cap, scène de musiques actuelles d'Aulnay sous Bois pour trois ans.

En 2014, il enregistre "Live en Berlin" avec la contrebassiste Joëlle Léandre.

En 2015, il réunit à nouveau les saxophonistes Robin Fincker et Daniel Erdamnn, invite également le pianiste Benjamin Moussay et avec la complicité artistique de Gérard de Haro du Label la Buissonne, il enregistre "WEST". La même année, il prolonge son aventure avec le Trio Mediums et créé "Bandes Originales", libre hommage aux compositeurs de musique de film.