Mardi 26 Juin 2018 à 20h18

"La Belle Meunière" Franz Schubert (1797-1828)`

Une transcription pour quatuor à cordes et voix réalisée par Gilone Gaubert-Jacques

Ensemble "les Heures du Jour"

Direction artistique Gilone Gaubert-Jacques

 et Jan Kobow • ténor

Gilone Gaubert-Jacques • violon

Solenne Guilbert-Gauffriau • violon

Sophie Cerf • alto

Nils de Dinechin • violoncelle

Die schöne Müllerin (en français La Belle Meunière), D. 795, est un cycle de Lieder écrit par le compositeur autrichien Franz Schubert.

Composés probablement entre mai et décembre 1823, après une période de doute et de tentatives avortées (symphonies nos 7 et 8), Die Schöne Müllerin reprend 20 des 25 poèmes du même titre écrits par le poète allemand Wilhelm Müller (auteur aussi des textes du cycle suivant, Winterreise).

Il s'agit là d'un des premiers cycles complets de Lieder de la période romantique, où le compositeur, suivant le fil conducteur d'une histoire complète, utilise différents registres musicaux pour exprimer pleinement les péripéties successives.

Les thèmes développés sont typiquement romantiques : l'amour, l'espoir, la déception, la tristesse, la mort, la quête personnelle, le voyage, la nature. L'histoire est la suivante : un jeune homme, voyageant le long d'un ruisseau, arrive chez un meunier et tombe amoureux de sa fille. Mais la belle, d'abord bienveillante, préfère se laisser séduire par un chasseur. Le pauvre apprenti meunier s'en noie de chagrin et de désespoir.

La cohérence du cycle est assurée par le thème du voyage : le ruisseau (fil conducteur et confident du narrateur), le promeneur, la nature. Mais les lieder sont tous particuliers, même si certains vont manifestement par paire. La première partie est joyeuse et pleine d'espoir, puis le ton s'obscurcit à partir de Der Jäger, pour devenir mélancolique, triste voire violent.

INFOS PRATIQUES

 

Tarif unique 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans

Règlement sur place (Attention, pas de CB !)

 

Réservation indispensable

par mail de préférence : resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41

 

Placement libre

Concert sans entracte, durée 1h15 environ

 

Soupe, desserts et boissons vous sont proposés

à partir de 19h15 et à l’issue du concert

Boissons : 1€

Soupe : 3€

Desserts : 2€

Les Heures du jour, ensemble de musique de chambre à géométrie variable, abordent les œuvres classique et romantique du répertoire composées pour diverses formations allant du trio à cordes vers de plus vastes effectifs. Mais la dynamique de l’ensemble est spécialisée dans le travail de transcription « fait maison »  et il nous est apparu comme une évidence, particulièrement concernant Schubert, pourtant déjà généreux avec 15 quatuors à cordes, de transcrire ses cycles de mélodies pour nos instruments accompagnant les voix.

Ce travail de transcription, toujours réalisé dans le souci de coller au plus juste du texte, nous permet d’aborder un répertoire jusque-là réservé aux claviéristes et d’élargir notre panorama de façon exponentielle. La transcription, déjà très pratiquée dès le 18 ème siècle, devient ludique et savante à la fois.

Après avoir donné le « Voyage d’hiver » en 2017 pour Baryton et quatuor à cordes (qui fera l’objet d’un enregistrement discographique à l’automne prochain pour le label MUSO), voici une nouvelle transcription celle-ci pour ténor et quatuor à cordes de « la Belle Meunière » magnifiant le romantisme tourmenté du compositeur viennois. La voix humaine et le bois des instruments historiques chantent une aventure d'une extrême mélancolie.

 Jan Kobow, spécialiste des lieder germaniques, prête idéalement sa voix aux poèmes  de Wilhelm Müller : sa tessiture de ténor, souple et lumineuse, raconte avec une ligne expressive saisissante les états d’espoir et d'abattement du poète et du musicien.

 La transcription de ce cycle de lieder réalisée par Gilone Gaubert-Jacques pour quatuor cordés en boyaux et voix est une première mondiale dans sa forme et dans son intégralité, permettant à l'auditeur de pénétrer dans un univers nouveau, multi facettes, où les timbres des instruments soulignent une perspective inouïe de cette œuvre magistrale.

 Il s'agit de l'intégralité du Cycle, soit les 20 lieder de Franz Schubert composés en 1823, année de création de la 7ème symphonie.

« les Heures du Jour » ?

De Lamartine à La Fontaine – et retour

« Aimons donc, aimons donc ! De l’heure fugitive, hâtons-nous, jouissons !

L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; il coule, et nous passons ! »

Lamartine

Nous le savons tous, la musique est l’art du temps.

Un temps que les sons sculptent, diluent, étirent.

La musique transfigure le temps, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. L’imaginaire musical distend, enrichit ou abolit notre temps contingent, celui du quotidien – qui devient autre : immatériel, suspendu.

Placer ces quelques mots sous le signe de Lamartine n’a rien d’anachronique. Son temps est celui du romantisme. Et nos musiciens des « Heures du jour », rompus aux répertoires baroques, ne s’interdisent rien, ne se forgent comme limites que celles de leur curiosité.

« Sur les ailes du temps, la tristesse s’envole. Le temps ramène les plaisirs » écrivait La Fontaine qui aimait à rappeler « diversité, c’est ma devise. » Une devise que Gilone, Emmanuel et tous leurs complices pourraient faire leur, tant ce jeu sur les temps les amène à choisir des partitions et des formations différentes. Au gré des humeurs de l’heure… Car ces « Heures du jour » aiment partager avec des musiciens complices depuis de longues années.

Leurs projets se reflètent dans les mots du Lac de Lamartine : « Laissez nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ».

Baroque, classique, romantique : comme les jours, ces périodes artistiques se suivent et ne se ressemblent pas. Prenant leur liberté – mais toujours sur des cordes en boyau, partenaires aussi indispensables que privilégiés – les projets de nos musiciens cherchent une empreinte sonore. Ils sont comme ces livres d’heures du Moyen-Âge, aux enluminures colorées et inspirées, chatoyantes et surprenantes. D’heureuses heures en perspective…

Marc Dumont – mars 2016

Nils de Dinechin

Gilone Gaubert-Jacques

Jan Kobow

Solenne Guilbert-Gauffriau

Sophie Cerf

Nils de Dinechin • violoncelle

 

Après des études de violoncelle moderne à Clermont-Ferrand, à Paris, puis à Lyon, Nils de Dinechin se tourne vers l'interprétation du répertoire ancien au violoncelle baroque et à la viole de gambe et obtient en 2005 le prix de musique ancienne à l'unanimité au CNSM de Lyon.

Récompensé aux concours "premio Bonporti " à Rovereto en 2004 et "Musica Antiqua" de Bruges en 2006, Il se produit en France et à l'étranger en musique de chambre ou au sein d'ensembles tels que le Concert Spirituel, les Talens Lyriques, les musiciens de Saint-Julien, Insula Orchestra...

 

Gilone Gaubert-Jacques • violon

Diplômée du Conservatoire Régional de Bordeaux en piano (1er prix), Gilone Gaubert-Jacques étudie parallèlement le violon, notamment avec Robert Papavrami, puis avec Maryvonne Le Dizès au Conservatoire Régional de Boulogne-Billancourt où elle obtient un 1er prix à l’unanimité. Afin de compléter son cursus musical, elle intègre aussi la classe d’accompagnement piano de Solange Chiapparin au Conservatoire de Fontenay-sous-Bois.

Admise dans la classe de violon de Devy Erlih au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (CNSM), elle en sort en 1995 récompensée par le diplôme de Formation Supérieure.

Passionnée par l’interprétation du répertoire de musique ancienne sur instruments d’époque, elle approfondit cette spécialisation auprès de Patrick Bismuth et Christophe Rousset au CNSM de Paris et y obtient en 1998 le diplôme de Formation Supérieure.

Depuis 2005, elle est violon solo de l’ensemble « Les Talens Lyriques » dirigé par Christophe Rousset, avec lequel elle a pu se produire comme soliste dans des concertos de Bach. Elle est, par ailleurs, invitée comme violon solo par « Le Parlement de Musique » de Martin Gester (avec qui elle a participé également à la formation de l’orchestre baroque d’Ambronay). Elle a aussi régulièrement joué avec l’ensemble « Amarillis » (Dir. Héloïse Gaillard), « La Petite Simphonie » (Dir Daniel Isoir) et « La Chambre Philharmonique » (Dir. Emmanuel Krivine).

Aimant enseigner, elle est professeur de musique ancienne au Conservatoire de Chantilly. Parallèlement, pour faire suite à ses études pianistiques et toujours dans la recherche d’authenticité d’une interprétation sur instrument d’époque, elle se passionne pour le pianoforte.

Gilone Gaubert-Jacques est membre fondateur du « Quatuor Ruggieri », quatuor à cordes actif de 2007 à 2015, spécialisé dans le répertoire classique et romantique sur instruments d’époque dont deux enregistrements discographiques dédiés à George Onslow, sortis en 2012 sous le label AgOgique et 2015 sous le label Aparté ont reçu l’accueil très favorable de la presse.

Elle joue sur un violon de Jacques Boquay, Paris, 1715, ainsi que sur un violon d’Alessandro Mezzadri, Ferrare, 1720.

Jan Kobow • ténor

Né à Berlin, Jan Kobow a d'abord étudié l'orgue à la Schola Cantorum de Paris et la musique sacrée à Hanovre, avant de prendre des cours de chant à l'Académie de musique de Hambourg avec Sabine Kirchner. En 1998, il remporte le premier prix au 11ème Concours International de Bach à Leipzig.

Il chante sous la baguette de grands chefs tels que Howard Arman, Stefan Asbury, Frieder Bernius, Marcus Creed, Michel Corboz, Paul Goodwin, Robin Gritton, Nikolaus Harnoncourt, Thomas Hengelbrock, Philippe Herreweghe, René Jacobs, Sigiswald Kuijken, Gustav Leonhardt, Hermann Max, Philippe Pierlot. , Hans-Christoph Rademann, Ludger Rémy, Daniel Reuss, Michael Schönheit, Morten Schuldt-Jensen, Andreas Spering, Masaaki Suzuki, Jeffrey Tate et Jos van Veldhoven.

En 2007, il fait ses débuts en chantant le rôle-titre de Il ritorno d'Ulisse de Monteverdi avec Les Talens Lyriques de Christophe Rousset.

Jan Kobow se sent très attaché au Lied, en particulier de la période romantique, et donne fréquemment des récitals avec Graham Johnson, Cord Garben, Burkhard Kehring et Phillip Moll. Il se produit également avec des spécialistes reconnus du pianoforte comme Leo van Doeselaar et Kristian Bezuidenhout.

Quatre de ses enregistrements sont consacrés aux Lieder (Schubert: Schwanengesang et Die schöne Müllerin avec Kristian Bezuidenhout, Loewe: Lieder und Balladen avec Cord Garben et Siegmund von Seckendorff: Lieder de Weimar de Goethe avec Ludger Rémy).

Il est régulièrement invité au festival «Kissinger Sommer» et a reçu le prix Luitpold en 2004. Il a été invité à donner plusieurs récitals Schubert Schwanengesang aux États-Unis et au Canada avec Kristian Bezuidenhout.

En janvier 2007, Jan Kobow donna un récital (Dichterliebe) au Guildhall London.  En tant que chanteur d'opéra, il a été invit au Boston Early Music Festival en 2003 (Conradi's Ariadne).

En janvier 2004, il fait ses débuts au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles dans le rôle de Telemaco dans l'Il ritorno d'Ulisse de Monteverdi. Avec cette production, il se produit au Lincoln Center, à New York.  Jan Kobow chante régulièrement avec l'ensemble vocal Himlische Cantorey, dont il est membre fondateur.

Jan Kobow a participé à de nombreuses productions et enregistrements. Plusieurs de ses disques ont reçu le Deutsche Schallplattenpreis. Il a également participé à l'enregistrement des cantates complètes de JS Bach ("Bach Cantata Pilgrimage") sous la direction de John Eliot Gardiner.

Solenne Guilbert-Gauffriau • violon

Après avoir étudié le violon auprès de Daniel Cuiller (Nantes) et Maryvonne Le Dizès (Boulogne-Billancourt), Solenne Guilbert se dirige vers une formation d’orchestre et de musique de chambre spécialisée dans l’interprétation des musiques classique et romantique sur instruments d’époque (cordes en boyau et archet classique), auprès de Philippe Herreweghe et d’Alessandro Moccia. Passionnée de musique ancienne, elle suit en parallèle un cursus de violon baroque dans la classe de Daniel Cuiller et obtient les diplômes respectifs en 2001.

Solenne Guilbert se produit en musique de chambre ou en orchestre dans des répertoires allant du 17ème au 20ème siècles, avec des ensembles prestigieux tels que l’Orchestre des Champs-Élysées Stradivaria, Le Concert de la Loge, Les Talens Lyriques, Insula Orchestra, et d’autres par le passé. Avec ces ensembles, elle effectue de nombreuses tournées à travers la France, l’Europe et l’international, et participe à d’importants enregistrements.

Sophie Cerf • alto

Après un cursus universitaire en musicologie, Sophie Cerf a étudié l’alto au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. En 1992, elle a remporté le Concours National des Jeunes Altistes. Elle a participé à « L’Orchestre Français des Jeunes » pendant trois saisons (1991, 1992 et 1994) en tant qu’alto solo, sous la direction d’Emmanuel Krivine et de Marek Janowski.

Sophie Cerf enseigne l’alto au conservatoire de Chartres depuis 1996.

S’intéressant aux instruments anciens, elle est membre de l’ensemble « Stradivaria » (Dir. Daniel Cuiller) et de « La Chambre Philharmonique » (Dir. Emmanuel Krivine). Elle a participé à des nombreux concerts et à une vingtaine d’enregistrements avec « L’Ensemble Baroque De Limoges » (Dir. Christophe Coin), « Le Concert Spirituel » (Dir. Hervé Niquet), « Les Folies Françaises » (Dir. Patrick Cohen Akenine), « Doulce Mémoire » (Dir. Denis Raisin Dadre), « Le Salon Romantique » (Dir. Pierre Franck), « Stradivaria » et « La Chambre Philharmonique ».