Lundi 17 et mardi 18 février 2020 à 20h20

"Opus 1"

Intégrale des sonates en trio de Jean-François Dandrieu

Le Consort

Théotime Langlois de Swarte • violon

Sophie de Bardonnèche • violon

Louise Pierrard • viole de gambe

Justin Taylor • clavecin

OPUS 1 en 5 questions par Le Consort

 

Les sonates en trio de Dandrieu sont-elles suffisamment intéressantes ?

Une question que l'on a pu entendre ici ou là. Encore une œuvre inédite que l'on sort du placard ? En vaut-elle vraiment la peine ? Si Dandrieu est surtout connu pour son traité de basse continue ou ses talents d'organiste, ses sonates en trio méritent une place de premier plan dans la musique de chambre de l'époque. Elles montrent une maîtrise du style et une variété de caractères stupéfiantes. Des danses qui débordent d'énergie, un contrepoint espiègle et fougueux entre les trois parties, des mouvements suspendus par leurs retards à l'italienne très expressifs, de l'articulation, des phrasés, du rythme, de la douceur, de la passion... de la vie.

 

Mais qui est Dandrieu ?

Né en 1682, en plein cœur de Paris, sur l’Île de la Cité, Jean-François grandit dans une maison familiale, tout en gardant des liens forts avec ses proches parents demeurant à Angers. Il se consacre très tôt à la musique, jouant dès ses premières années du clavecin avec une grande facilité. Il se produit même à la Cour de Versailles devant la princesse Palatine en 1687, alors qu'il n'est âgé que de cinq ans, à qui il dédiera plus tard ses sonates en trio.

Une fois devenu adulte, Jean-François Dandrieu décide de se consacrer à Dieu et rentre dans les Ordres. Il obtient le poste de maître de l’orgue de Saint-Merry en 1704, suscitant de nombreuses jalousies. C’est l’année suivante qu’il publie ses premières œuvres : un recueil de sonates en trio, ainsi que plusieurs livres de clavecin dits « de jeunesse ». Seront publiées par la suite ses sonates pour violon, ainsi qu’un traité sur les Principes de l’Accompagnement du Clavecin et Les Caractères de la Guerre.

Sa notoriété prend de l'ampleur lorsque le Régent - fils de la princesse Palatine -, lui offre le 17 décembre 1721 l’une des quatre charges d’organiste de la Chapelle Royale de Versailles. Il devient l’un des plus grands musiciens du royaume, obtenant privilèges, honneurs et reconnaissance, et  publie entre 1724 et 1734 trois recueils de pièces pour clavecin dont l'un sera dédié à Louis XV.

Jean François Dandrieu s’éteint à Paris le 17 janvier 1739. Malgré ces quelques éléments biographiques, Dandrieu reste un personnage secret, dont il ne reste aucune correspondance et qu'une unique et sombre gravure. La meilleure manière de le découvrir est donc de se plonger dans ses sonates, que nous sommes très heureux de faire découvrir pour la première fois dans leur intégralité grâce à ce disque.

 

Pourquoi OPUS 1 ?

Opus désigne en latin un ouvrage, une œuvre. C’est sous ce nom - Premier œuvre - que Jean-François Dandrieu publie ses sonates en trio en 1705. Ayant déjà écrit pour lui-même des pièces de clavecin, ses sonates sont les premières qu'il décide de livrer à la postérité, les considérant donc probablement avec fierté. Dandrieu avait vingt-trois ans lorsqu’il les publia. Par une heureuse coïncidence, c'est aussi l’âge que nous avions quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois et avons joué ces sonates lors de notre première répétition ! Opus 1 comme titre pour cet album nous est donc apparu comme une évidence : un hommage à Dandrieu ainsi qu'un clin d'œil à l'histoire de notre ensemble.

 

Pourquoi l'associer à Corelli ?

La sonate en trio voit le jour dans la seconde moitié du XVIIe siècle et Arcangelo Corelli, maître du genre, la développe, l’établit et la popularise, contribuant à son rayonnement à travers toute l’Europe. Violoniste virtuose, il consacre toute son œuvre à son instrument. Des six opus qu’il nous laisse, les quatre premiers sont dévolus à la sonate en trio à deux violons, qui devient peu à peu la formation reine de l’époque baroque.

D’une grande renommée, Corelli est un modèle pour ses contemporains et influence considérablement les compositeurs de son temps et des générations suivantes. Il développe la forme de la sonate qui devient la quintessence de l’art instrumental de l’époque. De son vivant, les publications de ses œuvres sont attendues dans toute l’Europe, et ses opus connaissent un succès éditorial sans précédent.

Les sonates en trio de Dandrieu sont marquées par l’empreinte de Corelli. D’une inventivité sans cesse renouvelée, leur source d’inspiration est puissamment italienne. L’harmonie nous enivre avec de sensuels retards à l’italienne, les lignes de basse en croches s’épanouissent dans une vocalité sans pareille, rappelant les plus belles pages de Corelli. Tout dans le style de Dandrieu, et jusqu'à la mention A due Violini, nous invite à reconnaître la filiation entre les deux compositeurs. Le violon, italien de naissance, devient français d'adoption. Nous sommes époustouflés par la synthèse des goûts français et italien que réussit magistralement Dandrieu. Et lorsqu'il intitule l'une de ses pièces pour clavecin "La Corelli", il atteste une fois encore de son souhait de s'imposer comme l'héritier du grand maître italien... C’est de cette pièce dont nous nous sommes emparés, pour en proposer une version en forme de Sonata a tre.

 

Que représentent-elles pour vous ?

À l’origine de la formation du groupe, une volonté commune, une rencontre et une sonate… celle en sol mineur de l’Opus 1 de Jean-François Dandrieu. Lors de cette première rencontre, de cette première lecture, nous découvrons les motifs lancinants de ces appoggiatures descendantes... Émotion partagée. Rythme commun. L'Allegro suivant, vif et léger, est empreint d’une fougue toute italienne. Le troisième mouvement, méditatif, liturgique, est recueilli dans une forme de lyrisme intérieur, sans jamais être ostentatoire. La gigue nous ramène au style français rappelant dans sa vision de la basse la rondeur et la truculence d'un Forqueray. Un coup de foudre musical et humain s'accomplit entre nous. Cette sonate devient notre hymne, notre porte-parole... l'étendard de notre vision de la sonate en trio.

Hanna, Louise, Sophie, Justin & Théotime.

INFORMATIONS PRATIQUES

 

Tarif unique 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans

Règlement sur place

Attention, pas de CB !

 

Réservation indispensable

par mail de préférence :

resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41

Placement libre

Durée du concert max 1h30, sans entracte

 

Soupe, desserts et boissons vous sont proposés

à partir de 19h15 et à l’issue du concert

Boissons : 1€

Soupe : 3€

Desserts : 2€

Le Consort, ensemble de musique de chambre unique en son genre, réunit quatre jeunes musiciens qui interprètent avec enthousiasme, sincérité et modernité le répertoire de la sonate en trio. De Corelli à Vivaldi, de Purcell à Couperin, le dialogue entre les deux violons et la basse continue déploie une richesse de contrastes entre vocalité, sensualité et virtuosité. Le Consort s’empare de ce genre, quintessence de la musique de chambre baroque, et l’interprète avec un langage personnel, dynamique et coloré. La saison prochaine, Le Consort sera en résidence à la Banque de France ainsi qu'à l’Abbaye de Royaumont.

En juin 2017, Le Consort remporte le Premier Prix et le Prix du Public lors du Concours International de Musique Ancienne du Val de Loire, présidé par William Christie. L'ensemble s'est produit à Paris (Salle Cortot, Auditorium du Louvre...), à l’Opéra de Dijon, au Festival de Pâques de Deauville, à l’Arsenal de Metz, au MA Festival Brugge (BE), au Festival de Sablé, à la Fondation Pau Casals (ES), à Anvers deSingel (BE), ou encore au Festival Misteria Paschalia à Cracovie (PL)… On a également pu entendre l’ensemble dans de nombreuses émissions sur France 3, France Musique et Radio Classique. L’ensemble est en résidence à la Fondation Singer-Polignac à Paris.

Dès leurs débuts, les musiciens du Consort ont un véritable coup de foudre pour les sonates inédites de Jean-François Dandrieu, qui offrent une variété de sentiments hors du commun. Le disque Opus 1 (Diapason d’or de l'année 2019) en livre une intégrale. Le Consort se plaît également à défendre le répertoire vocal en collaborant très étroitement avec la mezzo-soprano Eva Zaïcik. Ils ont enregistré un programme de cantates françaises, Venez chère ombre, paru en janvier 2019 chez Alpha Classics et unanimement salué par la critique (CHOC Classica, Choix de France Musique, Télérama, Libération, Figaro...). Un troisième enregistrement est à compter parmi leur discographie : 7 Particules (B records, novembre 2018), qui présente des œuvres de Vivaldi, Händel et Telemann, ainsi qu'une création du compositeur David Chalmin.